mercredi 16 février 2011

Pinder : « On veut se débarrasser de nos éléphants à bon compte »

Ils ont soufflé le vent. Ils vont récolter la tempête ». Gilbert Edelstein, directeur du cirque Pinder était, hier, furax. Depuis la nouvelle (dans notre édition d’hier) que les deux éléphants du parc de la Tête d’Or, qui lui appartiennent toujours, sont porteurs de la tuberculose, des appels inquiets d’écoles et de comités d’entreprise, public privilégié de Pinder, affluent.


A la façon d’un lion blessé, il a choisi de passer à l’attaque. « Le directeur du zoo veut se débarrasser de mes éléphants. J’en veux pour preuve que le test n’est pas du tout obligatoire. Ce n’est pas comme la fièvre aphteuse par exemple. Il savait qu’en le faisant, il trouverait quelque chose ». Car selon le directeur de Pinder, la plupart des éléphants d’Asie sont porteurs de la maladie. Une raison à cela : leur proximité avec les hommes-leur cornac pour commencer.


« La moins bête c’est Java qui ne s’est pas laissée dépister. Les miens sont plus dociles, ce sont des animaux de cirque », commente Gilbert Edelstein.


Et de demander que le test de la tuberculose soit rendu obligatoire et généralisé « puisque l’on pointe mes animaux ». « On veut se débarrasser de mes éléphants à bon compte », dit-il encore en banalisant le fait que « les éléphants se transmettent le germe de la tuberculose de génération en génération ». Ce qui ne l’empêche pas d’affirmer avoir prêté ses éléphants en bonne santé. « Alors qu’on veut me les redonner malades », s’insurge l’ancien dompteur.


Gilbert Edelstein trouve gonflé aussi qu’on lui demande de reprendre ses bêtes « alors qu’on apprend que les soigneurs ne veulent plus les approcher… ». La question des soins est en effet cruciale. Et plus encore celle de leur coût.


« Il existe des cliniques en France et à l’étranger. Alors effectivement ça coûterait cher mais encore plus si on les euthanasie, car un éléphant revient à 150 000 euros, et même plus puisqu’on ne peut plus en avoir ».


Le patron de Pinder propose une autre alternative que la mise en demeure qui lui est faite de se décider entre reprendre Baby et Népal, ou les euthanasier d’ici trois mois. « Je suis prêt à reprendre les éléphants, même les trois, mais d’abord il faut les soigner ». Gilbert Edelstein pourrait les accueillir dans le parc qu’il projette de créer à Perthes en Gatinay sur sa propriété. Son Pinderland - c’est son nom - comprendrait, en plus d’une école du cirque, un chapiteau avec présentation d’animaux… dont des éléphants. Prévues également des balades… à dos d’éléphants. Le roi du Cambodge se serait engagé à en prêter 25, lit-on sur internet. Le projet compte aussi un zoo pour les animaux retraités. Dont Baby, Népal et Java ?


En attendant, ce qui perturbe le plus Edelstein père c’est la mauvaise pub qu’il en retire. « Je vais demander à la ville des dommages et intérêts. Nos animaux sont sains, il n’y a pas de risque de contagion ». Il ne manquerait plus que les défenseurs des animaux s’en mêlent. Pinder est attendu à Lyon début avril. L’affaire ne sera pas forcément résolue. Et l’on sait ce qu’est une mémoire d’éléphant…


http://www.leprogres.fr/fr/region/le-rhone/rhone/article/4625930/Pinder-On-veut-se-debarrasser-de-nos-elephants-a-bon-compte.html

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